Accueil » magazine-articles

Retour sur images, nouvel an belge

31 janvier 2010 Aucun commentaire

20090926_IMG_0037_1Le bruit court que le nouvel an belge fêté cet automne à Montmartre a bien eu lieu, que les douze coups de minuit ont bien sonné et que les embrassades sylvestres n’ont pas été mises en bière.
Ce samedi-là, il faisait beau comme un 1er mai. Les drapeaux flottaient au vent ; l’Affligem se faisait mousser dans toutes les chopes et on buvait comme des outres du Quiévrain ; les fanfares fanfaronnaient et les indigènes du plat pays sentaient souffler les vents de la mer du Nord. C’était comme à Ostende, il pleuvait des confettis noirs, jaunes, rouges…
À l’apéro ils nous ont sorti leur Zizi Coin Coin, boisson aux fruits frais fleurant bon les 17° non centigrades. Les restaurants du quartier allaient jusqu’à nous faire manger du waterzoï, des frites avec des moules et des moules avec des frites, sans oublier cafés liégeois et spéculos. Il ne manquait que le jambon des frères d’Ardennes, pour accompagner la bière d’Abbaye, que je n’ai pas su trouver ce tantôt-là.
Puis vint Jean-Jacques Rousseau, génie wallon obligé de rester masquer pour ne pas être embastillé. Le bon Alain Roulleau avait ouvert son Studio 28 pour donner à ce nouvel an sa part de culture avec ce cinéaste de l’absurde, devenu culte au royaume du Grand et du Petit Albert. Pour atteindre la salle de projection, il fallait subir des collages du nommé Stas, « collagiste » liégeois –, « touche à tout ce que l’on peut pas et fait tout ce qui ne se fait pas », selon Nadine Monfils –, dont Luis Buñuel de passage sur le lieu de ses premiers exploits, pour rencontrer le philosophe et cinéaste belge susnommé aurait dit : « Si j’avais connu ce Wallon, j’aurais pas pris un Catalan. »
Éric Nauleau, Nadine Monfils, Jan Kounen, les cousins Pasque qui ont réalisé le très remarquable plus que docu Furor Absurdus dans un concert de louanges ont devisé sans fausses notes sur le génie aux 45 films. Le réalisateur masqué n’en revenait pas d’être venu là, dans un vrai cinéma chargé d’Histoire, accueilli en grande pompe par Alain Roulleau.
Sacrée soirée, bien dans la tradition de la salle mythique de la rue Tholozé, qui s’est poursuivie tard dans la nuit avec des étoiles venues fêter cela, du Divan du Monde aux Trois-Baudets en passant par le Backstage by the Mill et L’Ile Licite, et à L’Élysée – celui de Montmartre – jusqu’à plus de mousse, dans des salles bien entendues bourrées…
Enfin, le bruit court jusqu’à mon ouïe dure qu’en l’an 2010 à la Saint-Aymar, un certain 29 mai, ces satanés Belges pourraient nous remettre ça, ici à Montmartre…

R.L.

Laissez votre message !

Rédigez votre message ci-dessous ou créez un rétrolien depuis votre propre site web. Vous pouvez aussi suivre les réponses via le flux RSS.