Les voies cyclables et… le bon sens
Des doubles sens cyclables ont fait leur apparition à Montmartre, permettant aux cyclistes de remonter à contresens la majorité des rues de notre quartier. Depuis, l’inquiétude règne, même chez les amoureux de la petite reine.
Voir débouler un cycliste sur sa droite alors qu’on a simplement vérifié l’absence de voitures sur sa gauche a de quoi traumatiser un piéton. Et malheureusement, cela se produit fréquemment depuis l’installation massive de doubles sens cyclables à Montmartre.
Un décret national a en effet imposé aux municipalités d’aménager les zones 30 *, comme Montmartre, en y ajoutant des doubles sens cyclables. Les cyclistes peuvent désormais rouler à contresens dans la quasi-totalité des rues du quartier. Seules quelques rues n’ont pas subi d’aménagement pour des raisons de sécurité (les rues Tholozé ou Saint-Vincent, par exemple).
Cette mesure, imposée par l’État, a de quoi surprendre. En effet, dans un quartier comme Montmartre, elle ne semble pas prendre en compte l’étroitesse des rues ainsi que leur pente. Un exemple : dans un des virages autour de la place Constantin-Pecqueur, on voit mal comment un cycliste à contresens pourra éviter une voiture qui se présenterait en face. Ce contresens dans une descente étroite avec un virage à angle droit présente un réel danger. Il suffit que le cycliste prenne trop de vitesse ou que le conducteur du véhicule soit distrait pour que le pire arrive…
Si les doubles sens sont un succès dans certaines villes de province ou dans d’autres quartiers de Paris, il serait quand même utile que les élus prennent en compte les spécificités topologiques de Montmartre. Ainsi, certaines rues y sont devenues dangereuses depuis l’aménagement des doubles sens cyclables. Heureusement, comme il y a encore peu de cyclistes sur la Butte, les risques d’accidents sont limités. Pour combien de temps ?
Nicolas Jammes
* Une zone 30 délimite un périmètre urbain dans lequel non seulement la vitesse maximale autorisée est de 30 km/h pour tous les véhicules mais encore où les aménagements sont tels qu’ils favorisent la cohabitation pacifique de tous les usagers. (Source : Wikipedia.)










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Au moins, le décret est appliqué, contrairement à ce qui se passe dans d’autre villes où tout prétexte est bon pour ne pas le faire, même si l’espace est suffisant. Car non, ces double-sens ne sont pas obligatoires si leur absence est justifiée par la municipalité.
Donc c’est un choix, probablement symbolique sinon réellement pratique.
Par contre, petit élément de réflexion, si on supprimait ne serait-ce qu’une partie des places de parking en surface (ça a été le cas dans certaines rues), tout le monde pourrait se croiser tranquillement, à pied ou sur roues. Et on pourrait traverser les rues sans avoir à se faufiler entre des files de bagnoles garées à touche-touche, pare-choc contre pare-choc…
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